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Antananarivo
Antananarivo, Tananarive, Tana ou encore la « Ville des Mille » autant de façons de nommer la capitale de Madagascar (Mada pour faire simple). Entourée de ses collines sacrées elle domine fièrement les rizières émeraudes et rouges auxquels une foule de paysans vouent des soins compliqués et qu’arpentent avec majesté hérons et aigrettes. Tour à tour on l’adore, on la déteste, elle nous interpelle, nous subjugue.

D’abord on adore son climat : certes on grelotte un peu en juillet et on se plaint de la chaleur en décembre mais pas de quoi entraver nos frénésies de sorties et nos activités sportives préférées.

En octobre, si on déteste suffoquer dans les fumées des feux de brousses si dévastateurs, on adore les jacarandas en fleurs qui ponctuent toute la ville en mariant, pour notre plus grand bonheur, le parme de leurs inflorescences au rose des briques de ses constructions.

On est subjugué par ses artisans en fait de véritables artistes qui, habiles et observateurs, nous ravissent par leurs créations dont on aime égayer notre quotidien et, souvent, on a honte de marchander les œuvres déjà si peu chères.

On déteste les embouteillages, les voitures en pannes, les taxis Be qui fument en peinant dans les rues en pentes et les trop nombreux nids de poules d’une fidélité telle qu’aucune campagne de réhabilitation n’arrive à éradiquer définitivement. Mais, quand petit à petit, on perce le mystère des sens interdits, que tous respectent scrupuleusement mais qu’aucun panneau n’indique (joie de la tradition orale ?), qu’on ose prendre le risque de se perdre dans des quartiers aux noms si compliqués, il arrive souvent, qu’au détour d’une rue mal pavée, on soit récompensé par un point de vue époustouflant, le charme et la sagesse de l’architecture, les rires d’enfants qui jouent. Alors on adore…

On adore aussi les sourires qu’on découvre partout à tous les coins de rue même si la misère omniprésente avec son lot de mains tendues voire d’agressivité, la saleté repoussante de certains quartiers et les trop nombreux laissés pour compte, heurtent notre sensibilité et démontrent l’insuffisance de nos actions caritatives et humanitaires.

On adore, au sortir des temples et des églises, découvrir une foule de fidèles endimanchés, les femmes si belles avec leurs lambas de soie et leur tenue recherchée tenant par la main des enfants graves et joyeux à la fois.

Tana c’est tout cela et bien plus encore, Tana dont on ne cesse de découvrir les mille facettes, Tana qu’on croit saisir et qui jamais ne se laisse prendre si bien qu’elle semble toujours s’échapper et qu’on ne la comprend jamais tout à fait.

Gabrielle MALAVERGNE - Tana Accueil

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