« Le rapport d’étonnement » de Magali

Le rapport d’étonnement de Magali, arrivée d’Asie il y a quelques mois.
Eléments recueillis par Cécile Criquet

Magali est une habituée de la vie ailleurs, qui a navigué sur 3 continents. En famille, elle a vécu aux Antilles françaises, en Côte d’Ivoire, en Birmanie, au Vietnam et est arrivée à Madagascar il y a quelques mois.

Ses premiers mots, en parlant de Madagascar, sont : « un mélange, surtout Tana».

Elle retrouve ici de l’Afrique avec les liseurs de journaux debout dans la rue, les cabanes de téléphonie mobile avec leurs recharges et paiements et le port des charges sur la tête.

L’Asie elle, se niche dans les rizières qui jalonnent les espaces disponibles.

Quant aux Antilles, c’est sur les côtes qu’elle en a retrouvé l’ambiance.

Son origine du sud de la France lui fait particulièrement aimer le climat de Tana où il y a tous les jours un bout de ciel bleu. Et l’altitude lui permet des nuits fraîches reposantes à souhait.

Malgré ses voyages, Magali n’a pas été exempte d’idées reçues sur la Grande Île.

La première d’entre elle fut de découvrir une population pauvre vivant dans un pays avec tant de richesses. Ce contraste lui est parfois difficile.

La seconde fut l’absence totale de sentiment d’insécurité. Elle admet cependant volontiers que son expérience lui a servi dans ses attitudes et habitudes, elle sait que tout va bien si on ne sort pas dans la rue avec des bijoux, un joli sac de marque…

Elle a donc fort apprécié le Coum malgré les mises en garde, accompagnée la première fois d’une Vazaha, la seconde d’une Gasy. D’ailleurs, elle a trouvé les Malgaches fort discrets alors même qu’elle était accompagnée d’une célébrité locale dont on taira le nom.

Et comme la négociation, elle connaît, elle prévoit d’aller tester tous les autres marchés de la ville.

Magali apprécie la facilité avec laquelle elle va faire ses courses. C’est sûr qu’en Asie d’où elle arrive en direct, les références ne sont, non seulement pas les mêmes, mais de plus, l’alphabet non plus. Alors acheter des denrées sans savoir ce qu’elles sont exactement est désormais un souvenir qui ne lui manque pas du tout !

Le mélange, encore lui, des fruits et légumes à la fois européens et tropicaux est un régal.

Les restaurants à prix raisonnables et tables attirantes aussi.

L’approvisionnement en poissons frais est son seul bémol…

Alors, certes, Magali n’a pas encore testé les gargotes. Elle ne sait d’ailleurs pas si elle le fera un jour… Peut-être si elle est avec quelqu’un qui l’accompagne ? Elle en a envie pourtant, au Vietnam elle mangeait dans la rue tous les jours. Le lavage dans des eaux non limpides ainsi que l’approvisionnement en électricité occasionnant une chaîne du froid aléatoire ne la rendent pas téméraire. De plus, ici elle se déplace moins à pied et n’a donc pas encore pu observer des flux conséquents de clientèle ici ou là qui lui permettraient de savoir avec certitude que ce qui est proposé n’est pas là depuis depuis…

Magali et son mari apprécient de sortir de la ville et de partir à la découverte. La vie rurale est si différente de la vie urbaine. Elle a l’impression que si la pauvreté est la même, la misère est moins visible, peut-être y a-t-il davantage d’entraide, moins de faim ?

Si elle aime toutes les parties de l’île qu’elle a déjà découvertes, elle regrette de ne pouvoir en explorer davantage. La taille du pays ainsi que l’état des routes rendent ce désir difficile à réaliser. Et pourtant, quelles merveilles a-t-elle déjà vues !

Tana Accueil, comme toutes les associations d’accueil qu’elle a connues, lui a permis de rencontrer des francophones, de profiter des premières visites et des bons plans, de tout ce dont on a besoin en débarquant dans un ailleurs inconnu. Le livret d’accueil est très bien (bien qu’elle l’ait oublié et qu’on ne le lui a pas rapporté… On c’est moi).

Bref, vous l’avez compris : Magali se plaît beaucoup dans ce nouveau chez elle !

Paru dans la lettre de Tana Accueil de décembre 2025.

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