Le rapport d’étonnement de Marielle, arrivée fin août de Mayotte.
Éléments recueillis par Cécile Criquet
Premiers jours, premiers éléments qui sautent à mes yeux : froid, pollution et embouteillages. Notre installation ne commence pas sous les meilleurs auspices…
Et puis…
Les embouteillages sont gérables grâce aux 2 roues (celui de mon mari ou les motos-taxis) et les randonnées à partir du Panoramique, à deux pas de chez moi, sont un bonheur renouvelé à chaque fois. Incroyable d’être comme ça si dépaysée, de s’extraire de la pression urbaine si proche de la ville ! Le pays est magnifique, la nature si présente, si proche. Certes, pour qui n’aime pas la marche (ou la course !) cela pourrait sembler semble plus difficile… Les rues très étroites sont indissociables pour moi d’Antananarivo. Tellement serrées que je ne suis pas à l’aise pour conduire. Je prends avec une émotion particulière les taxis-4 L. Ce fut la première voiture de mes parents, c’est ouf !
Et lorsque je tombe sur une petite charcuterie, une micro-boutique dont les saucisses pendent en colliers, mon sourire n’est jamais loin.
Les gens sont si souriants, si sympathiques, si arrangeants, si aidants ! Le jour où je suis allée chercher du crottin pour mon jardin, et qu’un monsieur a proposé de m’aider en remplissant mon sac à pleines mains, en est un exemple très parlant.
Heureusement !
Cela contrebalance les moments où j’ai l’impression d’être prise pour un lapin de 6 semaines. Comme cette fois où je suis allée acheter de belles chaises roses (oui, roses). Elles étaient crasseuses à la sortie de l’entrepôt et ma lingette m’a fait découvrir des malfaçons dont je ne voulais pas. Les allers et retours incessants de l’employé, obligeant par ailleurs, chaise par chaise, du fin fond du magasin, le nettoyage et renvoi, pour finalement me conduire au bord de la syncope lorsque les chaises du début revenaient inlassablement, comme si je ne m’en rendrais pas compte… Il faut bien essayer lorsqu’il n’y a pas de solution satisfaisante ! Mais grrr et re grrr !
La météo est finalement géniale. Parfois il ne fait pas beau, certes, mais jusqu’ici, très peu souvent. Ce climat me convient tout à fait. J’attends avec impatience de voir si mon avis résistera à l’épreuve des pluies tant attendues, et de l’hiver !
Et la nourriture ! Une nourriture de fou ! Il y a des légumes et des fruits partout ! 20 ans que je n’avais pas mangé de brocolis ! Sans parler du porc sous toutes ses formes dont je ne me lasse toujours pas après des années de sevrage ! Les restaurants de Tana sont bons, les produits variés. Et en plus, cerise sur le gâteau : nous ne sommes pas malades ! Je vais finir par 2 bémols et un super merci :
- Les bidonvilles si proches qui ne masquent la pauvreté qu’à ceux qui ne veulent pas la voir
- Le système de santé
- Et… Tana Accueil ! Grâce à l’asso, j’ai rencontré de vraies copines, je ne me sens pas seule, même si pour le moment, je le suis avec mes 2 enfants. Sans Tana Accueil, je serai probablement très isolée. Où aurais-je rencontré toutes les personnes qui m’entourent, qui ne m’ont pas laissée seule à Noël, avec qui je vais marcher régulièrement dans les belles collines qui nous entourent, qui partagent leurs bonnes adresses et leurs plans, qui pratiquent l’entraide si simplement ?
Paru dans la lettre de Tana Accueil de février 2025.