« Le rapport d’étonnement » à l’envers, par Cécile

Ce qui m’étonne quand je séjourne en France
par Cécile Criquet

Pour cette dernière lettre de l’année (oui nous vivons en année scolaire et non civile), je vous propose un rapport d’étonnement « à l’envers ».

Ce qui m’étonne quand je séjourne en France.

Le pays d’où je viens et où je retourne tous les étés depuis 17 ans que nous l’avons quitté. Inutile de dire que je me sens parfois comme une étrangère là-bas et que mes références sont mémorielles et pas toujours actualisées !

Comme beaucoup, j’utilise en France un véhicule de location ou de prêt. Et régulièrement, je me conduis bêtement en allant faire le plein d’essence.

Il m’arrive régulièrement de patienter sagement au volant de ma voiture et de finir par pester parce que la voiture voisine de la mienne, pourtant arrivée après moi, repart avant. Quelle injustice ! Suis-je transparente ? Ah zut crotte flûte ! Ici c’est moi qui dois aller me servir en carburant ! A moi l’éternelle interrogation solitaire, quel carburant déjà ? suivie de la prise en main de la pompe.

Si je reste dans ma voiture, il faut que je me sermonne à voix haute (dans ma voiture, je parle toujours à voix haute même si je suis seule) pour ne pas klaxonner. L’usage du klaxon dans mon pays d’origine est strictement réglementé selon que l’on est dans ou hors une agglomération, le jour ou la nuit. Je viens de réviser mon code avant d’écrire… Alors, en France, le klaxon c’est uniquement en cas d’urgence. Et pas pour dire merci ou attention j’arrive. Il ne faut pas oublier !

Je ne passe pas toutes mes vacances dans la voiture et les interactions sociales avec des inconnus sont souvent sources d’étonnement.

J’aime bien, quand j’en ai conscience à priori, observer la tête étonnée voire ahurie, des passagers du métro ou du bus quand je les salue d’un sonore « bonjour messieurs dames ». J’aime bien la surprise du boulanger ou de la bouchère quand mon bonjour madame ou bonjour monsieur est direct et yeux dans yeux.

Je n’aime pas le mouvement de recul de l’inconnu.e de la rue à qui j’ai besoin de demander quelque chose (l’heure ou mon chemin) quand je l’aborde.

Je n’aime pas quand ledit inconnu de la rue me répond que je n’ai qu’à regarder mon téléphone pour avoir l’heure ou connaître la route à suivre.

Je n’aime pas les regards courroucés des gens dans les magasins quand j’éternue ou que je me mouche.

Je n’aime pas les restaurants où je dois utiliser mon téléphone pour avoir le menu ou même commander.

Je n’aime pas les magasins où je ne peux même pas échanger avec le caissier parce qu’il a été remplacé par une machine.

Enfin, je me fais régulièrement avoir par les prix. Ah l’euro c’est petit ô ! Tout me semble peu cher au début ! Où sont tous les zéros ? J’ai mon convertisseur personnel pour changer les prix en ariary. Au moins je sais ce que ça représente mais il me faut toujours quelques mauvaises surprises avant de le sortir !

Bonnes vacances à tous,

Cécile Criquet.

Paru dans la lettre de Tana Accueil de juillet 2025.

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