« Et si on essayait ? » Le jardin comme terrain de jeu

Ce mois-ci j’ai choisi le jardin comme terrain de jeu !
par Cécile Criquet

Pardon pour ceux qui n’en ont pas. Cependant, quelques astuces qui pourront servir à d’autres, ou plus tard, ailleurs, et que vous pourrez partager.

Pour cela, je me suis fait aider par Marie Hastrais, agronome tropicale spécialisée dans les sols.

La « maître devise » d’un jardin est : Rien ne sort, tout se transforme.

Que ce soient les tontes, les coupes, les feuilles qui tombent, les « mauvaises » herbes, les fruits, les restes de vos potagers… rien ne devrait sortir de votre jardin car tout peut être utilisé pour enrichir le sol, favoriser la biodiversité, économiser l’eau d’arrosage… Qui que soient le jardinier et le jardin, il y a des règles de base absolues.

  • La 1 ère

: Éviter de laisser le sol à nu. Il mérite d’être couvert pour être plus sexy. Lorsqu’on arrache les « mauvaises » herbes, ça a peut-être un côté satisfaisant, mais ce n’est pas bon pour le sol. Le mieux est de les couper à quelques centimètres du sol et ainsi de conserver leurs racines dans la terre.

Ce qui a été coupé, idéalement on le recoupe en petits morceaux (décomposition plus rapide) et on le laisse sur place.

Cette pratique, parfois loin de nos habitudes, évite la nudité du sol, permet aux racines d’aérer le sol, de le nourrir grâce à la décomposition de la matière organique sur et dans le sol, de garder de l’humidité, et d’alimenter les petites bêtes indispensables à la vie du sol et donc à l’alimentation de vos plantes.

… et au final de moins arroser !

On favorise ainsi la présence de nutriments et d’eau, indispensables à un joli jardin. Et si on a des surfaces toutes nues, on les paille. Avec l’herbe de la tonte, on « saupoudre », afin d’éviter trop d’évaporation du sol et afin de le nourrir. Même le sol au pied des arbres doit éviter d’être tout nu, couvrez-le.

  • La 2 ème règle concerne l’arrosage

Il convient d’arroser tôt le matin ou au petit soir, l’essentiel est de ne pas le faire lorsque le soleil pointe le bout de son nez.

En effet, cela permet aux plantes et au sol de profiter de toute l’eau que vous leur donnez, et de ne pas en perdre par évaporation. Bon pour les plantes, bon pour l’économie d’eau et du porte-monnaie.

  • La 3 ème règle c’est d’avoir un sol qui a de la vie et qui retient l’eau. C’est-à-dire un sol aéré.

On revient donc aux indispensables des êtres vivants, eau et nutriments.

L’aération du sol est favorisée en partie par les racines, mais également par l’activité biologique (petits vers de terre mais pas que) et de sa bonne composition.

Un sol tassé laisse l’eau ruisseler et ne peut pas l’absorber et les bébêtes ne peuvent s’y mouvoir.

Si votre sol est tassé, vous pouvez le biner. Pas le retourner malheureux, le biner ! Il s’agit de recréer de la porosité, des vides dans le sol qui laisseront passer air et eau. Le retourner expose à la lumière et à l’oxygène les petites bêtes qui n’en ont pas besoin, et étouffe dans le noir et le manque d’air celles qui en ont besoin. C’est une petite mort pour ces travailleurs de l’ombre de la santé de nos jardins.

On bine donc. Vous savez, avec les 2 petites fourches de la binette, ou avec les plus grandes de la fourche, on décompacte seulement, on crée une aération sans retourner. En Français facile, on fait juste des trous dans le sol. On enfonce et on retire sans retourner. C’est tout. Et ensuite, on paille. Retour à la 1 ère règle.

  • La 4ème règle concerne la tonte. Un jardin avec de l’herbe c’est joli mais cela nécessite une tonte régulière… mais pas que !

Il est indispensable, surtout en saison sèche, de tondre à 10 cm du sol environ. Pas trop ras donc. Pourquoi ? C’est pénible, cela oblige à le faire plus souvent !

Et bien parce qu’au plus il y a du vert au-dessus, au plus le système racinaire est développé et donc aéré, vivant, etc. On coupe donc à 10 cm : l’herbe se dessèche moins vite (donc moins d’arrosage pour ceux qui arrosent), et on laisse sur place le produit de la tonte. Leur décomposition apportera de la matière organique supplémentaire. Et non, il n’y a pas d’odeur !

Voilà pour les 4 règles d’or. Il me reste une astuce pour un jardin vert, au propre comme au figuré.

L’excédent de matière : ce qui ne peut servir à pailler et couvrir, va servir quand même. De 3 façons : dans la cheminée (la vôtre ou celle des copains), dans le compost qui va servir à nourrir le sol sans avoir besoin d’acheter des engrais ou terreaux, et en broyant le reste. Le broyat servira au compost et à couvrir le sol. Mais pas autour des légumes parce que la décomposition de cette matière plus carbonée (bois) va prendre les nutriments du sol au détriment des légumes.

Ce qui conduit à 2 éléments : le compost et le matériel.

  • Faire un compost va aider votre jardin et permettre de réduire la quantité de déchets qui part à la poubelle. Un compost se fait en fonction de l’espace et de la matière disponible, il y a donc des composts. Un atelier la semaine du 26 mai vous permettra de tout savoir sur l’art du compost !
  • Le matériel : tondeuse et broyeuse sont des outils onéreux qui ne servent pas tous les jours. Alors plutôt qu’en acheter, pensez à partager avec vos voisins. On peut envisager de faire un groupe WhatsApp (encore !) des partageurs afin d’optimiser le déplacement des outils. Pour initier l’opération, je possède ces 2 machines (électriques) sur Ambatobe, et suis toute disposée à les partager. Contactez-moi. Cécile Criquet

Paru dans la lettre de Tana Accueil de mai 2025.

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