Pour cette dernière lettre de la saison, je reviens sur mon cheval de bataille, le plastique.
par Cécile Criquet
Quelques éléments de contexte, en vrac :
- 99 % du plastique mondial est fabriqué à partir de combustibles fossiles qui sont eux-mêmes les principaux acteurs du réchauffement climatique.
- La production de plastique a doublé depuis le début du siècle et triplera (si on continue sur notre lancée) d’ici à 2050.
- Plus de 16 000 produits chimiques entrent dans la fabrication d’articles en plastique dont des produits cancérigènes et perturbateurs endocriniens (le nom savant pour dire responsables d’anomalies physiologiques et reproductives).
- L’industrie du plastique émet 4 fois plus de gaz à effet de serre que l’industrie du transport aérien.
- Seul 8% du plastique est « recyclé », le reste finit à la décharge ou est brûlé, donc directement dans l’environnement.
- On devrait parler de décyclage et non de recyclage concernant les plastiques, c’est-à-dire qu’on arrive à grand renfort d’énergie (encore !) à leur donner une nouvelle vie mais avec une qualité inférieure par rapport à l’état d’origine. Ce qui fait qu’on ne peut les décycler que 2 à 3 fois maximum avant de les envoyer dans l’environnement.
- La moitié des plastiques que l’on jette sont des emballages.
- Lorsque le plastique se dégrade, il se fragmente en micro et nano particules (qu’on ne voit pas) qu’on respire, boit, mange et qui se déposent sur nos peaux, nos plantes, notre terre, nos océans et jusqu’au sommet de nos plus hautes montagnes et dans nos glaciers.
- Le plastique, sa production, son usage et sa fin de vie sont une menace sur le climat, la santé humaine, la biodiversité mais aussi la justice environnementale et les droits humains.
OUF ! Brrr… Ayant dit cela, que faire ?
Il s’agit de remettre en question notre relation avec le plastique (qui est toujours aussi fantastique) et d’en limiter les usages à des gains certains plutôt qu’à un pseudo confort ancré dans nos (mauvaises) habitudes.
Il s’agit aussi de prendre nos distances avec un narratif trompeur sur son « recyclage » et sa pseudo économie circulaire qui deviennent un argument de vente et de prolifération. Bon, et nous ici et maintenant ? On fait quoi ?
J’ai déjà parlé, dans des articles précédents, des alternatives aux emballages, aux sacs, aux produits d’entretien présentés dans du plastique…
Je n’ai qu’effleuré la question des bouteilles de boissons.
Pour l’eau
Nous pensons que nos organismes se portent mieux si on se méfie de l’eau distribuée par la Jirama. Mais on a tendance à oublier les dégâts des bouteilles en plastique que nous consommons en quantité incroyable.
Il existe pourtant des alternatives :
- l’installation d’un filtre à eau directement au robinet de sa cuisine (DOMEAU 033 12 481 18 ou Opure 034 02 320 48 ou Osmoz 032 03 206 36). Avantage connexe, on peut laver ses fruits et légumes avec, faire facilement des glaçons, en mettre à volonté dans le thé et le café…
- l’installation d’une fontaine à eau avec bonbonnes rechargeables et livrables (Natur’eau 038 91 671 02, Sainto 034 50 207 42). Pour les boissons de plaisir
Il existe un système très efficace et ancien de consignation de beaucoup de ces boissons. Il s’agit par conséquent de choisir les boissons dans des contenants en verre et de les ramener au magasin afin qu’ils soient réutilisés à l’envie.
Je ne peux pas résister à 3 informations insolites pour terminer :
- Un vortex de plastique flotte sur l’océan, il est plus étendu que Madagascar !
- Nous ingérons, dans notre système respiratoire ou digestif, l’équivalent d’une carte de crédit en plastique toutes les semaines !
- La recette d’une bouteille : 100 ml pétrole, 80 g charbon, 42 l de gaz et 2 l d’eau ! Cécile Criquet
Paru dans la lettre de Tana Accueil de juin 2025.